UO - 2025 -2028

Présentation

Les pesticides

 

Des néonicotinoïdes, des pesticides très puissants qui ont été interdits en Europe, mais dont le danger reste pourtant bien présent dans nos champs et dans notre environnement.

Les néonicotinoïdes sont des insecticides apparus dans les années 1990. Leur particularité, c’est qu’ils sont dits systémiques : une fois appliqués sur une graine ou une plante, ils se diffusent dans toute la plante, jusque dans la sève. Cela les rend très efficaces contre les insectes nuisibles, mais aussi extrêmement dangereux pour les insectes utiles, notamment les abeilles. De nombreuses études ont montré qu’ils contribuent à l’effondrement des pollinisateurs et à la dégradation de la biodiversité.

Face à ces risques, l’Union européenne a décidé d’interdire plusieurs néonicotinoïdes. On pourrait donc penser que le problème est réglé. Mais en réalité, ce n’est pas du tout le cas.

Une étude récente menée par l’université UCLouvain a analysé des parcelles agricoles en Belgique. Les résultats sont très inquiétants : 78 % des parcelles contiennent encore des résidus de néonicotinoïdes, et même 62 % des parcelles qui n’ont jamais été traitées en contiennent. Cela montre que ces substances persistent dans les sols pendant des années, qu’elles se déplacent avec l’eau, et qu’elles contaminent même des zones censées être protégées, comme les bandes fleuries destinées aux pollinisateurs.

Ces bandes fleuries, qui devraient être des refuges pour les abeilles, deviennent en réalité des « garde‑manger empoisonnés ». Les abeilles y trouvent du pollen et du nectar contaminés, ce qui affaiblit leurs colonies et menace leur survie.

Il est important de préciser que les agriculteurs ne sont pas les responsables directs de cette situation. Beaucoup d’entre eux ont arrêté d’utiliser ces produits depuis leur interdiction. Le problème vient surtout de la persistance extrême des néonicotinoïdes dans l’environnement. Certains peuvent rester actifs pendant plusieurs années, voire plus d’une décennie, ce qui explique pourquoi on en retrouve encore aujourd’hui.

Les agriculteurs, eux, demandent des alternatives. Ils expliquent qu’on leur interdit certains produits sans leur fournir de solutions efficaces pour protéger leurs cultures. Ils se retrouvent donc pris entre deux exigences : produire suffisamment pour nourrir la population, tout en respectant des normes environnementales de plus en plus strictes.

En résumé, même interdits, les néonicotinoïdes continuent d’empoisonner les sols, les plantes et les pollinisateurs. Leur présence massive dans des zones non traitées montre que le problème est loin d’être résolu. Cela pose une question essentielle : comment protéger à la fois la biodiversité et les agriculteurs, alors que les alternatives restent limitées ?

 

Sources

  • L’Avenir – Le Courrier de l’Escaut, daté du 22 janvier 2026